Une maître-nageuse de la piscine de Ronchin, près de Lille, a été blessée à la tête, samedi, par un tir de paintball, une bille de peinture propulsée par un lanceur qui ressemble à une arme . Elle a dû être hospitalisée. Un adolescent de 14 ans a été interpellé. La maître-nageuse a repris le travail hier, après deux jours d'arrêt. Ses deux collègues, touchés l'un au visage, l'autre au bras par ricochet, ont pu être soignés sur place. Ces deux surveillants de baignade blessés plus légèrement ont aussitôt fait valoir leur droit de retrait, mais ont repris le travail le lendemain. L'auteur présumé des faits, un adolescent de 14 ans, a été interpellé quasiment dans la foulée par les policiers de Wattignies. Il est, selon l'expression consacrée, bien connu de leurs services. Le jeune homme a ensuite été présenté au commissariat de Lille. Le parquet a demandé la poursuite de l'enquête préliminaire pour pouvoir notamment chiffrer le montant des dégradations. Les victimes, très choquées, n'ont pas souhaité s'exprimer et n'ont pas porté plainte. Le tireur était posté à l'extérieur, à 25 mètres. Son arme, un fusil de paintball, tire des billes emplies de peinture. On l'utilise normalement de manière ludique dans le cadre de jeux de guerre qui doivent être parfaitement encadrés. Samedi, en raison de la chaleur, les issues de secours avaient été ouvertes pour rafraîchir un peu l'atmosphère en créant un courant d'air. À la piscine municipale c'est l'incompréhension qui domine car rien n'explique ce geste. « Ce n'est pas un jeune qui fréquente la piscine. Il a agi par jeu, par provocation. Nous sommes régulièrement confrontés au même petit groupe de jeunes mineurs qui se sentent un peu les caïds du quartier. De temps en temps, ils menacent les agents. Nous disposons d'un agent de sécurité ici, ce qui est assez exceptionnel pour une piscine », témoigne Mickaël Claeyssen, directeur adjoint de l'établissement. La municipalité a décidé de porter plainte, d'autant que l'auteur présumé est déjà repéré dans la commune pour des actes d'incivilités. « Ce jeune homme est particulièrement réfractaire à toute prise en charge. Il est déscolarisé, il s'est d'ailleurs battu avec le principal de son ancien collège. Nous avons fait plusieurs signalements, encore très récemment au procureur de la Républ
ique, à l'UTPAS, (unité territoriale de prévention et d'action sociale) pour des agressions. J'espère que les services judiciaires de l'aide à l'enfance le prendront en charge parce qu'il en a grandement besoin », estime Alain Rabary, le maire de Ronchin. •